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Lésion combinée LCA et ligament médial : Comment raisonner le choix du greffon

il y a 22 heures
2 min de lecture

Une nouvelle étude multicentrique française examine une question fréquente en chirurgie du genou : faut-il éviter les greffons ischio-jambiers lorsqu’une rupture du ligament croisé antérieur est associée à une lésion du ligament collatéral médial ? Les résultats invitent à une lecture nuancée.


Pourquoi cette question est débattue


Le ligament croisé antérieur, ou LCA, contrôle une part importante de la stabilité antérieure et rotatoire du genou. Le ligament collatéral médial contribue, lui, à la stabilité en valgus. Lorsqu’ils sont lésés ensemble, le choix du greffon utilisé pour reconstruire le LCA peut soulever une inquiétude : prélever les tendons ischio-jambiers, notamment le semi-tendineux et le gracile, pourrait-il diminuer une partie de la stabilisation dynamique du compartiment médial ? Cette hypothèse biomécanique a longtemps nourri des préférences opératoires, alors que les preuves cliniques demeurent hétérogènes.


Ce que montre le registre français


L’étude a inclus des patients opérés entre janvier 2020 et juin 2022 dans plusieurs centres de la Société Francophone d’Arthroscopie. Les participants étaient classés selon la lésion médiale : LCA isolé, lésion combinée traitée sans chirurgie du ligament médial, ou lésion combinée opérée. Les auteurs ont ensuite comparé les greffons ischio-jambiers aux autres greffons. Sur 722 patients éligibles, 489 avaient toutes les données nécessaires à l’analyse.


Après ajustement, les greffons non ischio-jambiers étaient associés à un score IKDC supérieur de 7,89 points. Des associations favorables étaient aussi observées pour la confiance dans le retour au sport, mesurée par l’ACL-RSI, et pour l’évaluation subjective du genou. En revanche, le test d’interaction entre le type de greffon et le statut du ligament collatéral médial n’était pas significatif. Autrement dit, l’étude ne met pas en évidence que la lésion médiale change, de façon démontrée, l’effet relatif du greffon sur le résultat principal.


Quel message pour les patients


Ces données ne désignent pas un greffon idéal pour tous. Elles renforcent plutôt l’idée d’une décision personnalisée. Le chirurgien tient compte de l’âge, du niveau d’activité, du sport pratiqué, de la laxité, de la localisation et du grade de la lésion médiale, des lésions méniscales, des antécédents et des objectifs de retour au sport. Les avantages et inconvénients propres à chaque greffon doivent être expliqués : douleur du site de prélèvement, force musculaire, risque de rupture, récupération et contraintes professionnelles ou sportives.


Les limites de la publication


Même prospective, cette cohorte n’est pas un essai randomisé. Le greffon a été choisi en pratique réelle, ce qui expose à des facteurs de confusion résiduels. L’analyse principale porte sur les dossiers complets et les sous-groupes de lésions médiales opérées peuvent manquer de puissance. Le résultat doit donc guider la discussion, pas imposer une technique. Des comparaisons randomisées ou des registres avec suivi prolongé restent nécessaires pour étudier les reruptures, la stabilité objective et le retour durable au sport.


Bibliographie :

1. Bouguennec N et al. Am J Sports Med. 2026. DOI : 10.1177/03635465261487325

2. Shultz CL et al. Am J Sports Med. 2024. DOI : 10.1177/03635465231153157

3. Figueroa F et al. EFORT Open Rev. 2020. DOI : 10.1302/2058-5241.5.190049

4. Rao R et al. J Orthop. 2022. DOI : 10.1016/j.jor.2022.07.024

 
 
 

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